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Family Office : définition, prestations et à qui cela convient

Blog
par Lilais Funk
Vue sur le lac de Zurich avec un panorama montagneux serein en arrière-plan

Ce qui caractérise un Family Office, en quoi un Single et un Multi Family Office diffèrent, quelles prestations sont incluses et quel rôle joue la surveillance de la FINMA en Suisse.

Un Family Office gère le patrimoine de familles fortunées de manière globale et indépendamment d’une banque. Il regroupe la gestion des investissements, le reporting, les questions fiscales et juridiques, la planification successorale et l’administration en un seul endroit, orienté uniquement vers les intérêts de la famille. Longtemps réservée aux très grandes fortunes, cette forme de gestion patrimoniale est aujourd’hui accessible à un cercle plus large grâce aux Multi Family Offices.

Un Family Office est une organisation qui prend en charge de grands patrimoines privés de manière indépendante de toute banque. L’objectif central est la préservation du patrimoine sur plusieurs générations et, dans le meilleur des cas, sa croissance. Contrairement à une banque, un Family Office indépendant ne commercialise pas ses propres produits, mais agit exclusivement au nom et dans l’intérêt de la famille.

Mais pourquoi un Family Office convient-il souvent mieux qu’une gestion de fortune classique pour aider les familles d’entrepreneurs à préserver ce qu’elles ont bâti ? Et quel rôle joue la surveillance de la FINMA ? Cet article clarifie les termes, les prestations et le contexte suisse.

L’essentiel en bref

  • Un Family Office gère le grand patrimoine d’une famille propriétaire de manière globale et indépendamment d’une banque.
  • Par rapport à la gestion de fortune classique, il assume des tâches supplémentaires autour du patrimoine : stratégie d’investissement, controlling, reporting, questions fiscales et juridiques, planification successorale et administration.
  • Le Single Family Office (SFO) accompagne une seule famille, le Multi Family Office (MFO) plusieurs familles indépendantes.
  • En Suisse, un MFO qui gère le patrimoine de familles tierces indépendantes est en règle générale autorisé par la FINMA au titre de la loi sur les établissements financiers (LEFin) et soumis à une surveillance continue par un organisme de surveillance.
  • Un Family Office est une organisation composée de personnes ayant un mandat et des responsabilités, et non un tableau de bord en libre-service.

Family Office : définition et histoire

Le terme Family Office n’est pas défini de manière uniforme. On désigne en général par là une organisation qui gère de grands patrimoines privés indépendamment des banques. La priorité est la préservation du patrimoine et, dans le meilleur des cas, sa croissance. Des spécialistes développent pour cela des stratégies adaptées et veillent à ce que les placements reposent sur des bases juridiques solides.

La différence essentielle par rapport à la gestion de fortune classique, par exemple auprès d’une banque : les gérants de fortune d’une banque agissent sous les directives et le contrôle de la banque. Un Family Office est lié exclusivement aux instructions de la famille propriétaire.

L’idée venue d’Amérique : des sociétés familiales dédiées à la gestion du patrimoine familial

En 1838, la famille d’entrepreneurs Morgan a fondé la première société familiale dédiée à la gestion de son patrimoine. La « House of Morgan » est ainsi considérée comme le premier Family Office. La famille Rockefeller a suivi en 1882 avec la création de son propre Family Office. De plus en plus de familles fortunées ont emboîté le pas au fil des années.

Single Family Office et Multi Family Office

Comme le terme Family Office n’est pas défini par la loi, on trouve en pratique différentes formes d’organisation. Un critère de distinction essentiel est le nombre de familles par office.

Single Family Office

Le Single Family Office (SFO) gère exclusivement le patrimoine d’une famille. Il est soit intégré dans une entreprise familiale sous forme d’embedded SFO, soit géré de manière autonome en tant que société distincte. Un SFO est la forme la plus indépendante, mais il implique des coûts fixes élevés.

Multi Family Office

Un Multi Family Office (MFO) accompagne plusieurs familles indépendantes les unes des autres. Il apporte l’expertise nécessaire à la gestion de grands patrimoines familiaux et répartit les coûts de structure sur plusieurs mandats. La différence essentielle avec un Single Family Office réside dans le fait qu’il travaille pour plusieurs familles.

Les spécialistes d’un Multi Family Office ont en règle générale acquis leur expérience dans des banques ou dans la gestion de fortune. Les Multi Family Offices naissent souvent de Single Family Offices qui mettent aujourd’hui leur organisation et leurs compétences à la disposition de familles extérieures.

Prestations d'un Family Office

Les principales prestations en vue d’ensemble

Les Family Offices adoptent une approche différente de celle des banques par exemple : un Family Office indépendant ne commercialise en règle générale pas ses propres produits. Lors de la composition des prestations, ce sont avant tout les intérêts de la famille qui comptent, au-delà de la seule optimisation des rendements. L’objectif est une approche globale qui dépasse la rentabilité à court terme. Le Family Office agit dans l’intérêt de la préservation à long terme du patrimoine et fait appel à des spécialistes externes le cas échéant.

Les domaines d’activité classiques d’un Family Office sont :

  • Élaboration et planification de stratégies d’investissement pour le patrimoine
  • Mise en œuvre des stratégies, par exemple via des mandats de gestion de fortune
  • Consolidation des différents domaines patrimoniaux
  • Suivi de la performance et reporting consolidé
  • Coordination des questions fiscales et juridiques
  • Planification de la succession et de la transmission, avec médiation entre les parties concernées si nécessaire
  • Constitution de fondations
  • Administration incluant la comptabilité du patrimoine
  • Définition et surveillance des paramètres de risque
  • Planification et accompagnement des engagements philanthropiques
  • Gestion immobilière
  • Services personnels, par exemple coordination des procurations de soin

Les tâches étant définies en fonction des besoins de chaque famille, la liste peut être étendue selon les besoins. La prise en charge de tâches partielles spécifiques est également possible.

La nuance essentielle : Family Office et gérant de fortune

L’activité d’un Family Office n’est pas spécifiquement réglementée par la loi en Suisse. Il existe toutefois des associations qui fédèrent les intérêts et définissent les exigences pour les nouveaux membres. Au sein de ces associations, les conditions d’admission sont clairement définies. Ces aspects entrent souvent en jeu :

  • Indépendance de l’institution : l’accent est mis exclusivement sur la prestation du Family Office. Elle n’est pas une prestation partielle d’un prestataire qui exerce par ailleurs d’autres activités.
  • Focalisation sur le patrimoine global : la gestion globale, toutes classes d’actifs confondues, est une caractéristique essentielle. Il ne s’agit pas seulement du portefeuille de titres ou de la gestion immobilière, mais du pilotage et du controlling de l’ensemble du patrimoine.
  • Surveillance et coordination : le Family Office accompagne le choix des prestataires, coordonne et contrôle les prestations mandatées.
  • Transparence des honoraires : la rémunération sous forme d’honoraires versés par la famille prédomine. Les éventuelles commissions de tiers doivent être divulguées et ne peuvent être perçues qu’avec l’accord de la famille.
  • Alignement des intérêts : l’activité est exclusivement orientée vers les intérêts de la famille accompagnée. Les intérêts commerciaux propres s’effacent.
  • Réputation irréprochable et code d’honneur : la probité et le respect des principes éthiques sont confirmés par les règles de l’association.

L’indépendance et la focalisation sur le patrimoine global montrent que les prestations couvrent toutes les questions qui se posent autour du patrimoine. Dans le cadre d’un investissement immobilier, ce n’est pas seulement la performance attendue qui compte, mais aussi les questions fiscales, la succession, l’administration et la structure globale du patrimoine. Le regard se porte donc toujours vers les générations suivantes.

En renonçant à certaines activités opérationnelles, un Multi Family Office prend en compte la priorité accordée à la sécurité. Des rendements satisfaisants sont souhaitables, mais la préservation du patrimoine reste la priorité.

Exigences légales pour les Family Offices

Exigences légales et surveillance de la FINMA

C’est là que réside la différence décisive entre les deux formes. Depuis le 1er janvier 2020, les gérants de fortune en Suisse sont soumis à la loi sur les établissements financiers (LEFin) et doivent disposer d’une autorisation de la FINMA. Après avoir obtenu cette autorisation, ils sont soumis à une surveillance continue par un organisme de surveillance, lui-même autorisé et surveillé par la FINMA.

Pour les Family Offices, une distinction s’impose :

  • Un Single Family Office pur qui gère uniquement le patrimoine de ses propres personnes liées sur le plan économique ou familial est exempté de l’obligation d’autorisation.
  • Un Multi Family Office qui gère le patrimoine de familles tierces indépendantes est en règle générale considéré comme un gérant de fortune au sens de la LEFin et est donc soumis à autorisation.

Une famille qui confie la gestion de son patrimoine à un Multi Family Office en Suisse mandate donc typiquement un gérant de fortune autorisé par la FINMA sous surveillance continue. Par ailleurs, quiconque gère à titre professionnel des valeurs patrimoniales de tiers est soumis à la loi sur le blanchiment d’argent (LBA) et doit satisfaire aux obligations de diligence correspondantes.

C’est précisément ce point qui distingue un vrai Multi Family Office d’un simple logiciel. Un Multi Family Office est une organisation composée de personnes ayant un mandat, une gouvernance et des responsabilités, soumise à surveillance. Un outil numérique cartographie les données et soutient le reporting, mais il ne prend pas de décisions d’investissement, ne porte aucun mandat et n’est soumis à aucune surveillance prudentielle. La technologie rend le travail d’un Family Office visible et traçable, mais elle ne remplace pas le jugement et la responsabilité réglementaire qui se trouvent derrière.

Formes de placement : le long terme avant la spéculation

En 2020, une enquête menée auprès de 121 Family Offices a donné lieu au « Global Family Office Report » d’UBS et Campden Research. Il donne un aperçu des classes d’actifs les plus importantes. Le classement de l’époque :

  1. Actions (29 pour cent)
  2. Obligations (17 pour cent)
  3. Private equity (16 pour cent)
  4. Immobilier (14 pour cent)
  5. Liquidités (13 pour cent)
  6. Autres (11 pour cent)

D’autres enquêtes confirment également que les Family Offices placent leur argent là où il peut croître sur le long terme. Le principe est que l’on ne spécule pas avec de grands patrimoines. En conséquence, les actions, l’immobilier et les participations d’entreprises dominent, complétés par une part relativement élevée d’obligations pour la stabilité. Dans la classe d’actifs immobiliers, le focus se déplace de plus en plus des immeubles commerciaux difficiles à évaluer vers l’immobilier résidentiel.

Les Family Offices sont devenus des investisseurs importants qui participent de plus en plus au capital-risque de start-ups (venture capital). L’expérience entrepreneuriale des familles joue un rôle majeur dans l’évaluation de ces engagements. Un avantage essentiel par rapport à la gestion de fortune classique réside dans le fait que la famille participe davantage à la définition de la structure d’investissement.

Dans quelles conditions un Family Office est-il rentable

La dotation en personnel d’un Family Office s’adapte avec souplesse aux besoins des propriétaires du patrimoine. Outre l’approche globale et l’alignement des intérêts, des avantages en termes de coûts peuvent jouer un rôle. Les différentes formes d’organisation, en particulier dans le domaine des Multi Family Offices, permettent à un nombre croissant de détenteurs de patrimoine une gestion patrimoniale indépendante des banques.

Single Family Office

Le Single Family Office est la forme la plus indépendante. En raison de ses coûts fixes élevés, il n’est rentable en pratique qu’à partir d’un patrimoine de plusieurs centaines de millions. Les estimations sectorielles citent souvent un ordre de grandeur d’environ 250 millions.

Multi Family Office

À partir d’un patrimoine d’environ 15 millions de francs suisses, un Multi Family Office peut être envisagé selon le prestataire. Le marché des prestataires a grandi avec la demande croissante. En plus des prestataires issus d’un Single Family Office, ces dernières années ont également vu l’émergence de Multi Family Offices fondés de manière indépendante.

Le marché se développe et attire de nouveaux intéressés

La numérisation a depuis longtemps atteint la gestion de fortune individuelle. Cela ne se réfère pas seulement aux robo-advisors apparus ces dernières années. Le marché des Family Offices évolue lui aussi et n’est plus réservé aux seuls plus grands patrimoines. Everon associe l’approche globale d’un Multi Family Office à un accès plus ouvert, de sorte que la gestion de fortune reste accessible au-delà des seuils classiques.

Une organisation solide est le fondement

L’un des principaux avantages d’un Family Office réside dans le contrôle étendu sur son propre patrimoine. Dans le cadre d’un Single Family Office, ce contrôle est exercé par les spécialistes placés sous l’autorité du propriétaire du patrimoine.

Au sein d’un Multi Family Office, la séparation de la gestion de fortune et des activités opérationnelles est souvent considérée comme la meilleure forme de sécurité. Elle favorise une gestion orientée vers les intérêts de la famille. Soyez toujours vigilant à l’égard des prestataires qui créent ou distribuent leurs propres produits financiers sans le divulguer.

La place financière suisse : bien placée dans le classement des Family Offices

La croissance mondiale des patrimoines a déclenché un essor durable des Family Offices. Les chiffres publiés reposent sur des estimations et varient en conséquence. En Suisse, l’association Swiss Single Family Office Association estime le nombre de Single Family Offices actifs dans le pays à environ 250 à 300 et le patrimoine géré par les Family Offices suisses, y compris les participations dans des entreprises familiales, à environ 600 milliards de francs suisses.

En Europe, la Suisse figure parmi les places leaders aux côtés du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Elle est considérée comme un marché bien développé pour les Family Offices, ce qui s’explique par la longue tradition de sa place financière, sa stabilité et la densité de ses spécialistes. Outre les familles suisses, des familles des pays voisins font également appel à l’expertise suisse.

La place financière suisse

Les principaux avantages d’un Family Office

L’avantage particulier d’un Family Office réside dans le contrôle sur son propre patrimoine. Une organisation structurée de manière efficace permet une gestion alignée sur les intérêts de la famille, que le lien direct entre une banque et la famille ne peut pas offrir de la même façon. Elle permet un pilotage individualisé du patrimoine dans l’intérêt de la famille. Avec un Family Office bien organisé, il n’y a pas d’honoraires cachés, et les coûts globaux sont souvent inférieurs à partir d’une certaine taille de patrimoine.

Conclusion

Avec un Family Office, vous posez les bases d’une organisation globale de la gestion de fortune. Ce qui était longtemps réservé aux familles fortunées est aujourd’hui accessible à un cercle plus large grâce aux Multi Family Offices.

La structure du patrimoine ne dépend pas des paramètres fixes imposés par des fournisseurs de produits individuels. Au centre de toutes les réflexions stratégiques se trouvent les intérêts individuels de la famille. Cela inclut l’un des plus grands défis des entreprises familiales : la succession.

Il est essentiel de comprendre qu’un vrai Multi Family Office n’est pas un logiciel ni un outil en ligne, mais une organisation composée de personnes ayant un mandat, une gouvernance et une surveillance de la FINMA. Si vous souhaitez, en tant que famille, sécuriser durablement le niveau de vie atteint, préserver ce que vous avez bâti et penser de manière intergénérationnelle, un Family Office est un instrument adapté à cet objectif.

Questions fréquentes sur le Family Office

Qu’est-ce qu’un Family Office ?

Un Family Office est une organisation qui gère et coordonne de manière globale le patrimoine d’une ou plusieurs familles fortunées. Il regroupe la gestion des investissements, le reporting, les questions fiscales et juridiques, la planification successorale et l’administration en un seul endroit, et agit uniquement dans l’intérêt de la famille, indépendamment d’une banque.

En quoi un Single et un Multi Family Office diffèrent-ils ?

Un Single Family Office (SFO) gère exclusivement le patrimoine d’une seule famille. Un Multi Family Office (MFO) accompagne plusieurs familles indépendantes les unes des autres et répartit les coûts de structure entre elles. Cela rend l’approche globale économiquement viable dès des patrimoines nettement plus modestes.

Un Multi Family Office en Suisse est-il réglementé par la FINMA ?

Un Single Family Office pur, qui gère uniquement le patrimoine de sa propre famille, est exempté de l’obligation d’autorisation. Un Multi Family Office qui gère le patrimoine de familles tierces indépendantes est en règle générale considéré comme un gérant de fortune au sens de la loi sur les établissements financiers (LEFin) et doit disposer d’une autorisation de la FINMA. Il est soumis à une surveillance continue par un organisme de surveillance.

À partir de quel patrimoine un Family Office est-il rentable ?

Un Single Family Office en propre n’est généralement rentable qu’à partir d’un patrimoine de plusieurs centaines de millions, en raison des coûts fixes élevés. Les estimations sectorielles citent souvent environ 250 millions. Un Multi Family Office, grâce à ses structures mutualisées, peut être envisagé dès environ 15 millions de francs suisses selon le prestataire.

Un Family Office est-il la même chose qu’un logiciel ou un outil en ligne ?

Non. Un Family Office est une organisation composée de personnes ayant un mandat, une gouvernance et des responsabilités, et non un tableau de bord en libre-service. La technologie soutient le travail, notamment pour le reporting, mais elle ne remplace pas le jugement et la surveillance qui caractérisent un Multi Family Office réglementé.

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Lilais Funk
À propos de l'auteur

Lilais Funk

CMO & Co-Fondatrice chez Everon
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Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil en placement, ni une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Everon AG est un gestionnaire de fortune au bénéfice d'une autorisation FINMA selon la LEFin. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des rendements futurs.

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