Capital ou rente : la décision au moment de toucher la caisse de pension
Au moment de toucher le 2e pilier, une question se pose : capital ou rente ? Nous présentons les avantages et inconvénients, la formule mixte, la fiscalité et les délais.
En bref : au moment de toucher votre caisse de pension, vous choisissez entre une rente et un capital. La rente assure un revenu garanti à vie. Le capital offre souplesse, possibilité de transmettre et potentiel de rendement, mais exige une responsabilité personnelle. Une formule mixte de part capital et part rente est souvent possible.
La retraite amène l’une des décisions financières les plus importantes de la vie : l’avoir de votre 2e pilier doit-il être versé sous forme de rente mensuelle, de capital unique ou d’une combinaison des deux ? La question du capital ou de la rente ne se tranche pas de manière générale, car les deux voies présentent des avantages et des inconvénients bien réels.
La décision est en règle générale définitive et produit ses effets sur des décennies. Elle concerne votre revenu à la retraite, votre charge fiscale et ce que vous pourrez transmettre à vos proches. Cet article explique les différences entre rente et capital, présente la formule mixte comme troisième voie, examine la fiscalité et les délais, et nomme les erreurs courantes.
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L’essentiel en bref
- Rente : revenu garanti à vie avec protection contre une longue espérance de vie. Imposée chaque année comme un revenu.
- Capital : souplesse, possibilité de transmettre et potentiel de rendement. Imposé une seule fois à un taux réduit, mais exige une responsabilité personnelle.
- Formule mixte : un retrait partiel associe un revenu garanti à un capital souple. Souvent la solution la plus pragmatique.
- Droit : selon l’art. 37 al. 2 LPP, vous avez droit à au moins un quart de votre avoir de vieillesse obligatoire sous forme de capital. De nombreuses caisses autorisent davantage.
- Délai : le délai d’annonce du retrait en capital peut aller jusqu’à trois ans avant la retraite, selon le règlement.
- Taux de conversion : le taux minimal légal dans la partie obligatoire s’élève à 6,8 pour cent (source : OFAS).

Capital ou rente : de quoi s’agit-il dans cette décision ?
L’avoir de vieillesse épargné dans la caisse de pension peut être versé de deux manières au moment du passage à la retraite. Avec la rente, l’institution de prévoyance convertit le capital en un revenu annuel à vie au moyen du taux de conversion. Avec le capital, l’avoir est versé en une seule fois et vous le gérez vous-même.
Sur le plan juridique : les prestations de vieillesse sont en principe servies sous forme de rente (art. 37 al. 1 LPP). Vous avez toutefois le droit de toucher au moins un quart de votre avoir de vieillesse obligatoire sous forme de capital (art. 37 al. 2 LPP). De nombreuses caisses de pension vont plus loin et autorisent un retrait en capital plus élevé ou intégral. Si vous êtes marié ou lié par un partenariat enregistré, le consentement écrit de votre partenaire est requis (art. 37a al. 1 LPP).
La décision est généralement irréversible. Une fois touché en capital, l’avoir ne peut plus être converti en rente. Il vaut donc la peine de peser soigneusement les deux options l’une par rapport à l’autre.
Quels sont les avantages de la rente ?
La rente est la voie de la sécurité. Elle procure un revenu prévisible qui ne dépend ni de la bourse, ni des taux d’intérêt, ni de votre propre discipline.
- Garantie et à vie : la rente est versée aussi longtemps que vous vivez, quel que soit votre âge. Elle protège ainsi contre le risque de survivre à son propre capital.
- Sans risque de placement : les fluctuations des marchés financiers n’affectent pas la rente en cours. Le revenu reste stable.
- Simple et sans effort : vous n’avez aucune fortune à gérer ni aucune décision de placement à prendre.
- Protection des survivants : au décès, le conjoint survivant reçoit en règle générale une rente de veuve ou de veuf, le plus souvent 60 pour cent de la rente de vieillesse précédente.
À cela s’opposent des inconvénients : la rente est imposée chaque année intégralement comme un revenu. L’avoir épargné est immobilisé et ne peut pas servir à de plus grandes acquisitions ni à une vie plus souple. Et si une personne seule décède tôt, l’avoir non utilisé reste auprès de la caisse de pension au lieu de revenir aux héritiers.
Quels sont les avantages du capital ?
Le capital est la voie de la souplesse et de la responsabilité personnelle. Vous recevez l’intégralité de l’avoir et décidez vous-même de son utilisation.
- Souplesse : vous pouvez consacrer des montants importants à un logement, à des voyages ou au soutien de votre famille, et adapter les prélèvements à vos besoins.
- Possibilité de transmettre : ce que vous ne consommez pas de votre vivant entre dans votre succession et revient à vos héritiers. Avec la rente, ce n’est pas le cas.
- Potentiel de rendement : si le capital est placé à long terme et largement diversifié, des rendements peuvent être réalisés. Cette opportunité s’accompagne toujours d’un risque de placement.
- Retrait fiscalement avantageux : le capital est imposé une seule fois à un taux réduit, et non chaque année comme un revenu.
Là aussi, il y a des inconvénients : vous supportez le risque de placement et la responsabilité de faire durer le capital toute une vie. Qui dépense trop tôt et trop, ou place mal, peut se retrouver avec trop peu à un âge avancé. Il n’existe aucune protection automatique contre une très longue espérance de vie.
Qu’est-ce que la formule mixte associant capital et rente ?
Entre les deux extrêmes se trouve une troisième voie : le retrait partiel. De nombreuses institutions de prévoyance permettent de toucher une partie de l’avoir en capital et de convertir le reste en une rente à vie.
Cette combinaison réunit les forces des deux options. La rente couvre les frais de subsistance courants et assure un revenu de base garanti qui, avec l’AVS, couvre les besoins essentiels. Le capital touché reste disponible pour de plus grands projets, une réserve ou une transmission à la génération suivante.
Pour beaucoup, la formule mixte est la voie la plus pragmatique, car elle ne renonce ni à toute la sécurité ni à toute la souplesse. La répartition possible et les étapes prévues sont fixées par le règlement de votre caisse de pension. Clarifiez ce point tôt.
Comment le capital et la rente sont-ils imposés ?
La fiscalité est l’une des différences les plus importantes entre les deux options et influe considérablement sur le revenu disponible à la retraite.
- Rente : la rente de vieillesse est imposée chaque année intégralement comme un revenu, au taux progressif ordinaire. Elle augmente donc durablement votre revenu imposable.
- Capital : le capital touché est imposé une seule fois, séparément du reste du revenu, à un taux réduit, l’impôt sur les prestations en capital. Il est prélevé au niveau fédéral, cantonal et communal et varie fortement selon le canton de domicile, la commune et le montant.
L’impôt sur les prestations en capital est progressif : un retrait deux fois plus élevé coûte plus du double en impôt. Qui touche de toute manière un montant important peut alléger la charge en répartissant les retraits des 2e et 3e piliers sur différentes années fiscales. En effet, le capital que vous touchez la même année de votre caisse de pension et du pilier 3a est additionné pour le calcul de l’impôt.
Laquelle des deux options est fiscalement plus avantageuse ne peut pas être tranchée de manière générale. L’impôt unique sur les prestations en capital est le plus souvent inférieur à l’impôt sur le revenu total dû sur la rente au fil des ans. Ce qui est déterminant, toutefois, c’est votre lieu de domicile, le montant de l’avoir et le reste de votre situation de revenu et de fortune. Le traitement fiscal peut changer. Cet article ne remplace pas une consultation fiscale ni l’appréciation d’un professionnel de la finance.
Exemple de calcul illustratif
L’exemple suivant n’a qu’une valeur d’illustration et repose sur des hypothèses simplifiées. Les valeurs réelles dépendent de la caisse de pension, du canton, de la commune, de l’état civil et de la situation individuelle.
- Situation de départ : un avoir de vieillesse supposé de CHF 500’000, départ à la retraite à 65 ans.
- Rente : avec un taux de conversion de 5,0 pour cent par exemple, il en résulte une rente annuelle d’environ CHF 25’000, à vie et imposée chaque année comme un revenu.
- Capital : l’avoir de CHF 500’000 est versé en une seule fois, imposé une seule fois à l’impôt réduit sur les prestations en capital, puis géré sous votre propre responsabilité.
Laquelle des deux options rapporte le plus sur l’ensemble de la durée de la retraite dépend notamment de votre âge atteint et du rendement obtenu sur le capital touché. C’est précisément cette incertitude qui rend la décision si individuelle.
Qu’est-ce que le taux de conversion et quel rôle joue-t-il ?
Le taux de conversion détermine la rente annuelle qui découle de l’avoir de vieillesse épargné. Dans la partie obligatoire du 2e pilier, le taux de conversion minimal légal s’élève à 6,8 pour cent (source : OFAS). Un avoir obligatoire de CHF 100’000 donne ainsi une rente annuelle de CHF 6’800.
Sur la partie surobligatoire de l’avoir, les institutions de prévoyance peuvent appliquer un taux plus bas. De nombreuses caisses utilisent donc un taux de conversion enveloppant qui réunit la partie obligatoire et la partie surobligatoire et se situe globalement en dessous de 6,8 pour cent.
Un taux de conversion plus bas signifie une rente plus faible pour un même capital. Cela rend le capital plus attrayant pour certains, car la rente est moins généreuse par rapport au capital engagé qu’autrefois. Vous trouverez le taux de conversion exact de votre caisse sur votre certificat de prévoyance.
Quels délais s’appliquent au retrait en capital ?
Qui souhaite toucher du capital doit l’annoncer en temps voulu. Le délai d’annonce est fixé par le règlement de la caisse de pension et peut, selon l’institution, aller jusqu’à trois ans avant la retraite.
Si vous manquez ce délai, vous ne pouvez plus demander de retrait en capital et recevez nécessairement une rente. Clarifiez tôt le délai prévu par votre institution de prévoyance. Pour les personnes mariées s’ajoute le fait que le consentement écrit du conjoint doit être obtenu.
Un autre point concerne les rachats dans la caisse de pension : après un rachat volontaire, un délai de blocage de trois ans s’applique, durant lequel le capital racheté ne peut pas être touché sous forme de prestation en capital sans perdre l’avantage fiscal du rachat. Qui effectue un rachat peu avant la retraite et souhaite toucher du capital devrait tenir compte de ce délai.
Quelles erreurs éviter au moment de la décision ?
Quelques pièges font que la décision coûte plus cher que nécessaire ou ne peut pas être mise en œuvre comme voulu :
- Décider trop tard : qui manque le délai d’annonce du retrait en capital reçoit automatiquement une rente. Clarifiez le délai des années à l’avance.
- Sous-estimer les conséquences fiscales : si du capital est touché de la caisse de pension et du pilier 3a la même année, les montants sont additionnés pour l’impôt sur les prestations en capital et augmentent le taux progressif. Un échelonnement dans le temps réduit la charge.
- Ignorer la longévité : avec un retrait en capital, le risque de survivre au capital est réel. Qui est en bonne santé au-dessus de la moyenne et a une longue espérance de vie profite plutôt davantage de la rente.
- Oublier le délai de blocage après un rachat : un rachat peu avant la retraite peut rendre fiscalement désavantageux le retrait en capital des montants rachetés.
- Oublier le consentement du partenaire : sans le consentement écrit du conjoint, un retrait en capital n’est pas possible.
- Ignorer la vue d’ensemble : la décision devrait intégrer l’AVS, le pilier 3a, le reste de votre fortune et les besoins de votre partenaire, et non le seul 2e pilier de manière isolée.

Questions fréquentes sur capital ou rente
Capital ou rente : qu’est-ce qui est préférable ?
Il n’existe pas de solution universellement préférable. La rente offre un revenu garanti à vie et une protection contre une longue espérance de vie. Le capital offre de la souplesse, la possibilité de transmettre et un potentiel de rendement, mais il exige une responsabilité personnelle et comporte le risque que le capital ne suffise pas toute une vie. Le choix dépend de votre santé, de votre fortune, de votre situation familiale et du niveau de sécurité souhaité.
Comment le retrait en capital de la caisse de pension est-il imposé ?
Le capital est imposé une seule fois, séparément du reste du revenu, à un taux réduit, l’impôt sur les prestations en capital. Le montant dépend du canton de domicile, de la commune et de la somme retirée, et il est progressif. La rente, en revanche, est imposée chaque année comme un revenu au taux ordinaire.
Puis-je combiner capital et rente ?
Oui. De nombreuses institutions de prévoyance autorisent un retrait partiel : une partie de l’avoir est touchée en capital et le reste est versé sous forme de rente à vie. Cela combine un revenu garanti et de la souplesse. Les possibilités précises sont fixées par le règlement de votre caisse de pension.
Ai-je droit à un retrait en capital ?
Selon l’art. 37 al. 2 LPP, vous avez le droit de toucher au moins un quart de votre avoir de vieillesse obligatoire sous forme de capital. De nombreuses caisses de pension vont plus loin et autorisent un retrait en capital plus élevé ou intégral. Les personnes mariées ou liées par un partenariat enregistré ont besoin du consentement écrit de leur partenaire (art. 37a al. 1 LPP).
Jusqu’à quand dois-je annoncer un retrait en capital ?
Le délai d’annonce est fixé par le règlement de la caisse de pension et peut, selon l’institution, aller jusqu’à trois ans avant la retraite. Qui manque ce délai ne peut plus demander de retrait en capital. Clarifiez ce délai tôt avec votre institution de prévoyance.
Qu’est-ce que le taux de conversion ?
Le taux de conversion détermine la rente annuelle qui découle de l’avoir épargné. Dans la partie obligatoire, le taux de conversion minimal légal s’élève à 6,8 pour cent (source : OFAS). Un avoir de vieillesse obligatoire de CHF 100’000 donne ainsi une rente annuelle de CHF 6’800. Sur la partie surobligatoire, les caisses peuvent appliquer des taux plus bas.
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