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La succession en Suisse: guide pour les héritiers et les descendants

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par Jonas Bächinger
Mains de plusieurs générations d'une famille posées les unes sur les autres

Comment le droit successoral suisse régit la succession: dévolution légale, réserves héréditaires après la réforme du droit successoral de 2023, testament et pacte successoral, impôt sur les successions et les étapes à suivre en cas de succession.

La succession en Suisse soulève de nombreuses questions: qui hérite de quoi, quelles réserves héréditaires s’appliquent depuis la réforme du droit successoral de 2023, comment la succession est-elle imposée et quelles démarches s’imposent en cas de décès? Ce guide explique la dévolution légale, la planification successorale par testament et pacte successoral, ainsi que les aspects fiscaux, de façon claire et à jour.

La succession en Suisse est régie par le Code civil suisse (CC). Grâce au système des parentèles, il détermine qui hérite et dans quelle mesure, sauf disposition contraire d’un testament ou d’un pacte successoral. Les proches parents bénéficient de réserves héréditaires protégées. Depuis la réforme du droit successoral du 1er janvier 2023, la quotité disponible est plus importante, car la réserve héréditaire des descendants a été réduite et celle des parents supprimée.

En tant que disposant, ce guide vous donnera un aperçu de la manière dont vous pouvez faire respecter vos souhaits. Si vous avez hérité en Suisse, vous êtes également prêt pour les premières démarches.

L’essentiel en bref

  • En droit successoral suisse, le droit à la succession est déterminé par le degré de parenté (système des parentèles, CC).
  • Depuis la réforme du droit successoral du 1er janvier 2023, la réserve héréditaire des descendants correspond à la moitié de leur part légale (auparavant trois quarts), et la réserve héréditaire des parents a été supprimée (art. 471 CC).
  • Le disposant peut, par testament ou pacte successoral, prévoir des dispositions dérogatoires dans le cadre de la quotité disponible.
  • Le conjoint survivant et le partenaire enregistré sont exonérés de l’impôt sur les successions dans tous les cantons; les descendants directs également dans la plupart des cantons (source: Administration fédérale des contributions, état au 1er janvier 2025).
  • Une planification anticipée de la succession profite aux disposants comme aux héritiers. Des gestions de fortune compétentes aident à conserver et à faire fructifier le patrimoine hérité.

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Système des parentèles: le droit successoral suisse détermine qui hérite et dans quelle mesure

En Suisse, le droit successoral repose sur le système des parentèles. Lorsque le défunt n’a pas rédigé de testament officiel ou de pacte successoral, c’est le degré de parenté qui détermine qui hérite et dans quelle proportion. Avec un testament ou un pacte successoral, vous pouvez donc documenter vos volontés de votre vivant et prévenir les litiges entre héritiers.

  • Testament: Vous rédigez votre testament vous-même et pouvez le modifier ou le révoquer à tout moment. Vous êtes libre de formuler vos instructions et dispositions, pour autant que vous respectiez les limites légales et, en particulier, que vous teniez compte des réserves héréditaires. Malgré le testament, le droit successoral légal continue donc de s’appliquer en raison des réserves héréditaires.
  • Pacte successoral: Vous et un ou plusieurs de vos héritiers pouvez conclure ensemble un pacte successoral, qui vous permet de prendre des décisions en dehors du cadre légal et donc d’établir des règles individuelles. Ces dispositions ne peuvent être modifiées ou annulées qu’avec l’accord de toutes les parties concernées.

La dévolution légale selon le système des parentèles

Le système des parentèles détermine qui est habilité à recevoir une succession et dans quel ordre. Ce système est organisé par degré de parenté. Lorsqu’il n’y a pas d’héritiers dans une parentèle donnée, la parentèle la plus proche entre en ligne de compte. Les parents issus de la troisième parentèle sont les derniers à avoir droit à la succession.

  • Première parentèle: Elle comprend les descendants directs tels que les enfants, petits-enfants ou arrière-petits-enfants. Les enfants héritent chacun à parts égales. Si des enfants sont décédés, leurs propres descendants sont habilités à hériter à leur place.
  • Deuxième parentèle: Il s’agit en particulier des parents. S’ils sont décédés, leurs descendants héritent, c’est-à-dire les frères et sœurs et, le cas échéant, les neveux et nièces.
  • Troisième parentèle: C’est la souche des grands-parents. Souvent, ceux-ci sont déjà décédés, et les oncles, tantes et éventuellement cousins et cousines prennent leur place, à condition qu’il n’y ait pas d’héritiers dans les deux premières parentèles.

Droit à la succession du conjoint

Le conjoint est toujours cohéritier de par la loi. La part qui lui revient dépend des autres héritiers légaux possibles. Elle est également influencée par le régime matrimonial choisi par les époux.

Le conjoint survivant a droit à:

  • S’il existe des héritiers de la première parentèle: 50 pour cent de la succession
  • S’il n’existe que des héritiers de la deuxième parentèle: 75 pour cent de la succession

Détermination de la succession

Avant le partage de la masse successorale, les biens sont partagés selon le droit matrimonial. Si les époux n’ont pas conclu d’accord dans un contrat de mariage, le régime ordinaire de la communauté de biens s’applique, et donc les dispositions légales. On distingue quatre catégories de biens distinctes:

  • Les biens apportés dans le mariage par l’épouse et les donations (biens propres)
  • Les biens apportés dans le mariage par l’époux (biens propres)
  • Les biens acquis par l’épouse pendant le régime matrimonial (acquêts)
  • Les biens acquis par l’époux pendant le régime matrimonial (acquêts)

Après ce partage, le conjoint survivant a droit aux parts suivantes:

  • Ses propres biens propres
  • 50 pour cent de ses acquêts
  • 50 pour cent des acquêts de son conjoint décédé

Les valeurs patrimoniales restantes tombent dans la succession.

Les époux ont la possibilité de conclure dans un contrat de mariage des dispositions dérogeant aux prescriptions légales. Par exemple, une communauté de biens ou une séparation de biens peut être convenue. Le contrat de mariage peut également prévoir que, par exemple, les acquêts des deux époux reviennent entièrement au conjoint survivant en cas de décès de l’un d’eux. Toutefois, l’atteinte aux réserves héréditaires n’est possible que dans de très rares cas exceptionnels, notamment lorsque l’héritier a commis un délit grave à l’encontre du disposant.

Réforme du droit successoral depuis le 1er janvier 2023: réserves réduites, plus de liberté

Le droit successoral suisse a été modernisé en profondeur. La réforme est entrée en vigueur le 1er janvier 2023 et offre aux disposants une marge de manœuvre nettement plus grande pour distribuer leur succession selon leurs propres souhaits. Toute personne décédant après cette date relève du nouveau droit, indépendamment de la date à laquelle un testament existant a été rédigé. Les dispositions existantes devraient donc être examinées à la lumière du nouveau cadre légal.

Les principales modifications en un coup d’œil:

  • Réserve héréditaire des descendants réduite: La réserve héréditaire des enfants et des autres descendants correspond désormais à la moitié de leur part légale. Jusqu’à fin 2022, elle s’élevait aux trois quarts (art. 471 CC).
  • Réserve héréditaire des parents supprimée: Les parents n’ont plus de réserve héréditaire. Auparavant, ils avaient droit à la moitié de leur part légale à titre de réserve.
  • Réserve héréditaire du conjoint: Pour le conjoint survivant et le partenaire enregistré, la réserve héréditaire reste inchangée à la moitié de la part légale (art. 471 CC). En présence d’enfants, cela correspond à un quart de la succession, la part légale du conjoint étant dans cette constellation de la moitié de la succession.
  • Quotité disponible élargie: En raison de la réduction des réserves héréditaires, la quotité disponible a augmenté. Les disposants peuvent désormais librement disposer d’au moins la moitié de leur succession, voire davantage selon la constellation des héritiers. Sous l’ancien droit, ce n’était parfois qu’un quart.
  • Protection de la réserve en cas de procédure de divorce: Si une procédure de divorce est pendante au moment du décès, le conjoint survivant perd son droit à la réserve héréditaire sous certaines conditions (art. 472 CC). Sans testament ou pacte successoral, la dévolution légale continue toutefois de s’appliquer pendant la procédure, de sorte que le conjoint hérite malgré le divorce en cours.

Ces informations sont fournies à titre d’information générale et ne remplacent pas un examen juridique individuel. Pour rédiger une disposition, il est recommandé de faire appel à un spécialiste du droit successoral suisse.

Quote-part successorale, réserves héréditaires, quotités disponibles

Lorsqu’une personne décède, la répartition de sa succession est déterminée par les proches survivants. Outre le conjoint, les enfants ont également droit à une certaine réserve héréditaire. La différence entre les parts héréditaires légalement prescrites et les réserves est la quotité disponible, qui peut être attribuée à des bénéficiaires par testament.

Le tableau ci-dessous donne un aperçu de la quotité disponible dans différentes situations familiales selon le droit applicable depuis le 1er janvier 2023.

Héritiers laissés…Quote-part légaleRéserve héréditaire sur la successionQuotité disponible
Descendants (première parentèle)100 pour cent50 pour cent50 pour cent
Conjoint100 pour cent50 pour cent50 pour cent
Conjoint et enfantsConjoint 50 pour cent, enfants 50 pour centConjoint 25 pour cent, enfants 25 pour cent50 pour cent
Conjoint et parentsConjoint 75 pour cent, parents 25 pour centConjoint 37,5 pour cent, parents 0 pour cent62,5 pour cent
Un parent et des frères et sœursParent 50 pour cent, frères et sœurs 50 pour centParent 0 pour cent, frères et sœurs 0 pour cent100 pour cent

Impôt sur les successions: les cantons héritent toujours en Suisse

En Suisse, la fixation de l’impôt sur les successions relève de la compétence des cantons. Le canton du dernier domicile du défunt est compétent. Les cantons décident également des règles d’exonération fiscale, telles que les abattements. En principe, ce sont les héritiers qui sont assujettis à l’impôt sur les successions.

Impôt sur la masse successorale et impôt sur l’acquisition

L’imposition des successions revêt deux formes: l’impôt sur la masse successorale et l’impôt sur l’acquisition. L’impôt sur la masse successorale frappe l’ensemble des biens du défunt sans égard aux héritiers individuels. L’impôt sur l’acquisition impose la part de chaque héritier dans la succession en fonction de sa relation (degré de parenté) avec le défunt. En Suisse, seuls Soleure et les Grisons maintiennent encore un impôt sur la masse successorale. Les communes de ces cantons peuvent également exiger un impôt sur l’acquisition.

Taux d’imposition et abattements cantonaux

La diversité des législations fiscales cantonales rend le calcul de l’impôt sur les successions complexe. En règle générale, le taux d’imposition est progressif et certains abattements sont pris en compte selon le degré de parenté. Ainsi, les proches ont droit à des abattements plus élevés que les parents éloignés.

  • Pour les conjoints et les partenaires enregistrés, aucun impôt sur les successions n’est dû dans quelque canton que ce soit. Il en va de même, dans la grande majorité des cantons, pour les descendants directs. Ce n’est que dans les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures, de Lucerne, de Neuchâtel, de Soleure et de Vaud que les enfants doivent s’attendre à un impôt modéré sur les successions (source: Administration fédérale des contributions, état au 1er janvier 2025).
  • Les cantons de Schwyz et d’Obwald ne perçoivent aucun impôt sur les successions ni sur les donations, quel que soit le degré de parenté.
  • Pour les parents, l’éventail cantonal va de la pleine exonération jusqu’à un taux à deux chiffres. Des abattements sont également courants.
  • Les frères et sœurs et les parents plus éloignés peuvent s’attendre à des impôts sur les successions plus élevés selon le canton, avec parfois des abattements.
  • Les taux d’imposition pour les héritiers sans lien de parenté sont en règle générale les plus élevés et varient considérablement d’un canton à l’autre. Le droit du canton dans lequel le défunt avait son dernier domicile est toujours déterminant.

Imposition des successions à l’étranger

En principe, il existe un risque que la succession soit imposée par plusieurs pays. Tel peut être le cas, par exemple, lorsque la personne décédée ou un héritier résidait à l’étranger, ou lorsqu’un bien immobilier hérité se trouve à l’étranger. Dans ces situations, il convient de déterminer quel droit s’applique à la succession. Pour éviter que les héritiers ne soient imposés plusieurs fois, la Suisse a conclu des conventions de double imposition avec certains États, qui permettent d’éviter ce cumul.

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Hériter en Suisse: les étapes essentielles après le décès

Après le décès d’une personne, les proches doivent non seulement traverser le deuil, mais aussi gérer les questions successorales. Connaître les points essentiels permet d’éviter bien des complications. Voici donc les principales étapes.

  • Déposer le testament: Dès que vous trouvez un testament, vous devez le remettre aux autorités. L’évaluation de son authenticité ou du respect des exigences formelles revient à l’autorité compétente, comme l’exige la loi. Il est donc plus sûr pour le disposant de déposer son testament immédiatement auprès de l’office compétent. Selon le canton, il s’agit de l’administration communale, du tribunal de district, de l’office des successions ou du notaire officiel.
  • Ouverture du testament: En règle générale, l’autorité ouvre le testament dans un délai d’un mois. Cela signifie que le testament est lu à tous les héritiers présents. L’autorité convoque pour l’ouverture tous les héritiers légaux ainsi que ceux désignés dans le testament. De nombreux délais doivent être respectés à partir du jour de l’ouverture, notamment le délai d’un mois pour former opposition.
  • Demander un certificat d’héritier: Il s’agit de la légitimation des héritiers. C’est uniquement avec ce certificat que vous, en tant qu’héritier, aurez accès aux actifs. Il est demandé auprès de la même autorité qui a ouvert le testament.
  • Répudier la succession le cas échéant: Un héritier n’est pas tenu d’accepter la succession. Il arrive que des héritiers renoncent à l’héritage pour des raisons personnelles. La crainte de devoir répondre des dettes du défunt lorsque celui-ci était surendetté peut également motiver la répudiation. L’héritier dépose alors une déclaration de répudiation écrite auprès du tribunal.
  • Sécurisation de la succession: L’autorité compétente est tenue d’office de prendre les mesures nécessaires pour sécuriser la succession. Cela peut, dans certains cas, signifier le scellement de la succession, l’établissement d’un inventaire ou l’institution d’une administration successorale. Le scellement implique un blocage des actifs et est prévu par le droit cantonal dans certains cas précis. En particulier, lorsqu’il n’y a pas d’accord sur la détermination des actifs, l’autorité prendra les mesures appropriées.
  • La communauté héréditaire: S’il y a plusieurs héritiers, ils forment ensemble une communauté héréditaire. Chaque héritier a le droit au partage de la succession. Jusqu’au partage, tous les héritiers sont copropriétaires. Les cohéritiers peuvent exclure le partage pour une période déterminée. Le disposant peut également exclure le partage pour un certain temps dans une disposition. De même, le tribunal a la possibilité d’ajourner un partage si celui-ci serait extrêmement défavorable à la valeur des biens au moment considéré.
  • Accord entre héritiers ou action en partage: Il n’y a pas toujours accord entre les héritiers, notamment en ce qui concerne l’évaluation des biens. En principe, l’évaluation doit être effectuée à la valeur vénale, pas uniquement pour les immeubles. Mais cela peut être un processus complexe, par exemple pour des entreprises. Si aucun accord ne peut être trouvé, une action en partage est engagée. Dans ce cas, le tribunal procède à la répartition objective. La communauté héréditaire est ensuite dissoute.

Checklist

Patrimoine hérité: ce à quoi les héritiers doivent maintenant prêter attention

Plus la succession est importante, plus elle est généralement diversifiée. Outre des avoirs financiers, le défunt possédait peut-être une maison, un appartement ou même sa propre entreprise.

Portez en particulier votre attention sur les points suivants concernant la succession:

  • Établir les actifs et les dettes: En principe, chaque héritier dispose du droit légalement garanti d’obtenir des informations sur l’ensemble des actifs et dettes du défunt. Si le défunt a désigné un exécuteur testamentaire dans son testament, celui-ci est tenu d’informer exhaustivement tous les héritiers sur la situation patrimoniale du défunt. Même en cas de situation patrimoniale incertaine, les héritiers peuvent demander l’établissement d’un inventaire public dans un délai d’un mois à compter du jour du décès. Comme indiqué dans la section sur la communauté héréditaire, des actifs tels que des titres ou des immeubles ne doivent pas nécessairement être liquidés immédiatement si cela n’était actuellement possible qu’avec des pertes considérables.
  • Clarifier les avoirs de la caisse de pension: Les bénéficiaires ont droit aux prestations des avoirs de la caisse de pension après le décès de l’assuré. Le plus souvent, il existe des conjoints ou des orphelins ayant droit à une rente et une rente de survivant est versée. Dans tous les autres cas, le règlement de la caisse de pension détermine ce qu’il advient des avoirs. Les dispositions varient d’une caisse de pension à l’autre. Il est donc possible qu’un capital épargné soit perdu et revienne à la communauté des assurés.
  • Respecter les délais pour la déclaration de répudiation: Souhaitez-vous répudier la succession en raison du surendettement du disposant ou pour d’autres raisons? Vous devez alors déposer une déclaration de répudiation écrite auprès de l’autorité compétente dans un délai de trois mois à compter du jour où vous avez eu connaissance du décès.
  • Planification financière pour la succession: Si les héritiers ne disposent pas eux-mêmes des connaissances financières nécessaires, ils devraient s’occuper en temps utile d’une gestion de fortune sérieuse. Les offres numériques permettent aujourd’hui un accompagnement compétent et économique même pour des patrimoines modestes.

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Avec une préparation adéquate, les disposants évitent les conflits en cas de succession

Une succession soigneusement planifiée peut contribuer à éviter les conflits et à garantir que les dernières volontés du disposant soient respectées.

L’avancement d’hoirie est une possibilité par laquelle des parents, par exemple, peuvent réduire de leur vivant leur patrimoine imposable et permettre aux enfants de bénéficier déjà de leur héritage. Par ailleurs, des impôts sur les successions peuvent être économisés le cas échéant. Toutefois, les héritiers ayant bénéficié d’un avancement d’hoirie doivent faire imputer celui-ci sur leur part héréditaire. Bien que les enfants puissent ainsi être traités inégalement, la réserve héréditaire ne doit pas pour autant être entamée.

Pour documenter ses propres volontés, un testament est un instrument central. Point important: les époux ont chacun besoin de leur propre testament. Bien qu’un testament ne puisse pas entièrement éviter les difficultés juridiques, il simplifie les choses. Pour que vos volontés soient prises en compte en cas d’incapacité de discernement, vous devriez également penser à des directives anticipées et à un mandat pour cause d’inaptitude.

La création d’une fondation est une possibilité d’affecter le patrimoine à une cause sociale ou caritative. Cela peut contribuer à ce que les héritiers puissent utiliser le patrimoine de façon digne après le décès du disposant.

Les entreprises familiales souffrent parfois du fait que la succession n’est pas précisément réglementée. Celui qui souhaite préserver son œuvre planifie donc à temps, de son vivant.

Dans ce contexte, la structure juridique de l’entreprise joue un rôle important, car elle peut avoir une incidence sur l’impôt sur les successions et le traitement fiscal. Il est donc vivement recommandé de consulter un expert expérimenté pour prendre en compte les conséquences juridiques et fiscales.

Les époux séparés doivent savoir que même en cas de séparation, la dévolution légale s’applique. Si tel n’est pas le souhait, cela ne peut être exclu que par le divorce ou, en partie, par un contrat de mariage.

Questions fréquentes sur la succession en Suisse

Quelle est la réserve héréditaire des enfants en Suisse? Depuis la réforme du droit successoral entrée en vigueur le 1er janvier 2023, la réserve héréditaire des descendants correspond à la moitié de leur part légale (art. 471 CC). Auparavant, elle s’élevait aux trois quarts. Lorsque des enfants coexistent avec le conjoint, la réserve héréditaire des enfants ensemble correspond à un quart de la succession.

Quels changements la réforme du droit successoral de 2023 a-t-elle apportés? La réserve héréditaire des descendants a été ramenée des trois quarts à la moitié de la part légale, et la réserve héréditaire des parents a été entièrement supprimée. La quotité disponible a ainsi augmenté. Depuis lors, le disposant peut librement disposer d’au moins la moitié de sa succession, voire davantage selon la constellation des héritiers.

Les conjoints et les enfants paient-ils l’impôt sur les successions en Suisse? Le conjoint survivant ou le partenaire enregistré est exonéré de l’impôt sur les successions dans tous les cantons. Les descendants directs en sont également exonérés dans la plupart des cantons. Des exceptions subsistent dans les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures, de Lucerne, de Neuchâtel, de Soleure et de Vaud. Les cantons de Schwyz et d’Obwald ne perçoivent aucun impôt sur les successions.

Qui hérite en l’absence de testament? En l’absence de testament ou de pacte successoral, la dévolution légale s’applique selon le système des parentèles. Les descendants héritent en premier, puis les parents et leurs descendants, et enfin la ligne des grands-parents. Le conjoint survivant ou le partenaire enregistré hérite toujours conjointement; la part qui lui revient dépend des autres proches présents.

Comment puis-je renoncer à une succession en Suisse? Celui qui ne souhaite pas accepter la succession, notamment en raison d’un surendettement du défunt, dépose une déclaration de répudiation écrite auprès de l’autorité compétente dans un délai de trois mois à compter du jour où il a eu connaissance du décès. Par la répudiation, l’héritier est libéré à la fois des actifs et des dettes de la succession.

Conclusion: garantir ses dernières volontés sur la succession grâce à une planification anticipée

La mort et l’héritage sont des sujets peu appréciés de leur vivant, que l’on préfère souvent éviter. Les problèmes surgissent toutefois au plus tard lors du règlement de la succession, lorsque des conflits éclatent entre les héritiers. Des questions successorales non réglées provoquent souvent des différends et des préjudices déjà du vivant du défunt. Tel peut être le cas lors d’une succession d’entreprise non réglée, qui nuit en fin de compte au développement de l’entreprise et donc à la préservation du patrimoine.

Un testament rédigé de façon correcte et sans équivoque, des directives anticipées et un mandat pour cause d’inaptitude sont les instruments appropriés pour planifier la succession à l’avance et documenter sa propre volonté. La clarté des dispositions et une discussion avec la famille garantissent le respect des volontés du disposant et réduisent le potentiel de conflit. Pour les patrimoines importants notamment, il convient de faire appel à un avocat spécialisé en droit successoral suisse. Outre le règlement juridique, les héritiers devraient penser suffisamment tôt à une planification financière adaptée pour la succession. Le marché financier propose aujourd’hui des gestions de fortune compétentes pour pratiquement toutes les tailles de patrimoine.

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Jonas Bächinger
À propos de l'auteur

Jonas Bächinger

CIO & Co-Fondateur chez Everon
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Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue ni un conseil en placement, ni une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Everon AG est un gestionnaire de fortune au bénéfice d'une autorisation FINMA selon la LEFin. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des rendements futurs.

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